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Immobilier – Lyon : état du marché périurbain

Par Cédric Blanc
Publié le 30/09/2016  à 12:06
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Certains Lyonnais vont chercher le bonheur à l’écart de l’agglomération, quitte à allonger leur trajet quotidien vers leur lieu de travail. Quel est l’attrait de ces villes situées au-delà de la métropole ?

Projet de petit collectif.

Plusieurs secteurs, situés à 30 ou 50 kilomètres de Lyon, sont sources d’attractivité pour des urbains en recherche de communes plus petites, avec des prix attractifs. Ainsi, la côtière de l’Ain, le nord de l’Isère ou le val de Saône ont vu ces dernières années leur population augmenter. Sur le secteur de la côtière de l’Ain, c’est désormais une croissance de 2 % chaque année.

Côtière de l’Ain

Cette attractivité est bien sûr liée à la proximité de la couronne lyonnaise. “L’atout de notre secteur, c’est de proposer un habitat varié, avec d’un côté du petit collectif en centre-ville et, pour une population plus aisée, des choses plus qualitatives sur les hauteurs de la côtière. Tout ça avec des prix fonciers plus intéressants que sur la première couronne. Du coup, ces coins attirent des primo-accédants dans le centre de ces communes et la population tend à se rajeunir”, explique Philippe Guillot-Vignot, président de la communauté de communes de la Côtière (3CM).

Dans ce secteur, les prix au mètre carré pour du collectif se situent autour de 2 800 euros. Plusieurs programmes d’habitation sont d’ailleurs en cours dans les communes de cette intercommunalité.

À Montluel, la reconversion du parc Bellevue, avec la création d’un écoquartier, est assurée par Floriot (filiale de TGL) ; elle prévoit une maison de santé, une résidence pour seniors, ainsi que des logements. Même chose dans le centre de Dagneux, où la société Batimed assure la construction d’une maison de santé qui regroupera une vingtaine de professions médicales, associée à de l’habitat de qualité.

“Ce secteur connaît un essor assez important par son implantation géographique pas loin de Lyon, mais ce n’est pas une référence pour les Lyonnais. Certes, c’est moins cher que Lyon, mais on n’est pas sur la même clientèle. La question que se posent les gens, c’est : si je suis muté dans cinq ans, je ne suis pas sûr de revendre aussi bien dans l’Ain que dans les monts d’Or”, relativise Sébastien Kenck, de Century 21.

Val de Saône et nord-Isère

“Au niveau périurbain, on aime bien la deuxième couronne lyonnaise, où il y a de la demande, comme Lozanne ou Neuville-sur-Saône”, déclare Romain Valéry, de 6e Sens. À Neuville, ce promoteur fait uniquement du collectif dans le centre de la commune, en zone dense : “Nous considérons qu’il faut des commerces. Par exemple, à Lozanne, il y a un intérêt des jeunes actifs ou des jeunes retraités. Avec la loi Pinel, ces derniers n’hésitent pas à acheter des T3 avec un bail de quinze ans, dont neuf ou douze en Pinel.”

Un peu plus au nord, vers Anse et Villefranche-sur-Saône, les constructions de logements neufs se sont calmées, après la frénésie des bâtisseurs entre 2004 et 2012. “Ces secteurs sont en phase de digestion, il s’agit actuellement d’absorber tout ce potentiel de logements. Le marché locatif est important et il faut que ça se remplisse”, précise Jean-Jacques Mathias, le président du Centre d’études de la conjoncture immobilière (Cecim).

Cependant, depuis deux ans, les promoteurs sont de retour. Icade et Vinci ont construit récemment du petit collectif et Bouygues Immobilier prévoit un projet de résidence-services pour les seniors : Le Clos des Cèdres, avec des appartements type T1 à T3 aux infrastructures domotiques performantes, une conciergerie, un restaurant panoramique et un espace bien-être avec coiffeur. Livraison prévue au premier trimestre 2018.

“Les prix n’évoluent pas beaucoup depuis deux, trois ans. Autour de 1 800 euros dans l’ancien et 2 500, 3 000 euros pour le neuf. Dans l’ancien, certaines familles viennent s’offrir à Villefranche un appartement qui serait trop cher à Lyon. Dans le neuf, on est plus sur des primo-accédants ou de l’investissement locatif type Pinel”, observe le responsable d’une agence immobilière caladoise.

Le nord de l’Isère attire également de plus en plus, dans les secteurs de Charvieu-Chavagneux ou Pont-de-Chéruy. “Avec la nouvelle voie rapide, on assiste à une vraie évolution depuis deux ans. Dans le neuf, on trouve des petits pavillons individuels de 90 m2 avec jardin de 400 m2, pour 200 000 euros. Pour de la copropriété dans de l’ancien, on est entre 1 500 et 1 800 euros le mètre carré, donc ça reste très intéressant”, constate Michel Carre, directeur de l’agence Citya à Pont-de-Chéruy.

Dans ce secteur, on est plus sur de l’accession à la propriété, avec peu d’investissement Pinel. Des programmes sont en cours dans le neuf, comme Les Jardins d’Armelle d’Isère Habitat à Pont-de-Chéruy, qui prévoient plusieurs phases de construction de logements ainsi que des commerces. Autre gros projet, un lotissement de 600 pavillons en construction à Charvieu-Chavagneux. “Au niveau des primo-accédants, on a beaucoup de gens du coin qui connaissent le secteur, ainsi que des Lyonnais en location dans la proche couronne lyonnaise qui basculent vers un crédit pour acheter 20 kilomètres plus loin”, ajoute Michel Carre. Entre 2014 et 2016, les transactions ont augmenté de 30 % dans ce secteur.

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Le développement du petit collectif

Ce développement de l’habitat collectif rend possible un parcours résidentiel dans des communes où cette offre n’était jusqu’ici pas très importante. “Avant, l’éloignement de l’agglomération était synonyme de maison, alors que désormais les gens pour qui les prix ne sont pas abordables sur Lyon ou qui ont envie de rester dans leur commune, où ils ont leurs repères, peuvent opter pour un habitat collectif plus attractif en plein centre, avec tous les services nécessaires à proximité et pour moitié moins cher que sur Lyon”, explique Philippe Warsmann, du promoteur UTEI.

Source : lyoncapitale.fr